Catalogue Co-existence.s

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Renforçant une nouvelle fois ses liens avec les sciences et les laboratoires, le programme de recherche PRIST 2019-2020, conduit par l’Esä, s’est donné pour objet de réfléchir aux existences non-humaines, dont on dit qu’elles peuvent être dotées d’intelligence – végétale, virale, animale ou artificielle -, mais que l’on peine à reconnaître comme entités.

Les oeuvres et les textes présentés dans ce livre ont été conçus à l’aune de cette recherche et témoignent de la diversité des formes que peuvent prendre ces existences, notamment lorsqu’elles sont élaborées par le prisme des interactions qu’elles tissent avec leur environnement. Qu’il s’agisse de dialogues entre machines ou d’interactions végétales et animales, qu’il soit question du mouvement des vagues ou d’entités théologiques connectées, les approches artistiques, philosophiques et scientifiques ici regroupées se concentrent sur les nouveaux paradigmes et les nouvelles formes de l’interaction. Ce livre retrace les vagues successives d’une recherche singulière qui soulève la question des existences plurielles questionnées par la science, la philosophie et la création contemporaine.

Exposition Co-existence.s Galerie Commune

Premier plan @Lucie Metrier & Stéphane Cabée.
Second plan @Hsiao-Mei Hsu
@Alexis Bens
Pendant le montage de la pièce de @Ghyzlène Boukaïla

Annaëlle Oestreich
@Yunyi Zhu
@Nina Vase
Louis Bazin
Pièces de Alexiane Le Roy, Annaëlle Ostreich, Yunyi Zhu présentées par Silvain Vanot, le 13 mars 2020, lors de l’exposition Co-existence.s, Galerie Commune, Ecole Supérieure d’Art du Nord-pas-de-Calais, site de Tourcoing
Pièce de Julie Deweerdt, filmée le 13 mars 2020, lors de l’exposition Co-existence.s, Galerie Commune, Ecole Supérieure d’Art du Nord-pas-de-Calais, site de Tourcoing
@Annaëlle Ostreich

Introduction par Nathalie Stefanov

Les activités du programme

Co-existence.s est le titre de l’exposition du programme de recherche PRIST 2019-2020, qui fête sa cinquième année, renforçant une nouvelle fois ses liens avec les sciences et les laboratoires, ces territoires où la recherche invente le monde à venir et permet également de le rendre intelligible. Les sciences peuvent en effet s’entendre comme un mode d’accès au réel dont la création contemporaine, critique par essence, peut se saisir pour explorer à son tour les devenirs du monde, par le prisme des formes plastiques que sont l’installation, la programmation, le son, la vidéo, la sculpture, le dessin ou la photographie. Notre héritage culturel a forgé l’idée d’une séparation radicale entre les arts et les sciences. A l’ère de la transition écologique, il nous semble indispensable, “de repenser le découpage en disciplines pour s’affranchir d’une conception mono-disciplinaire et en silos des sciences”, comme l’énonce Dominique Méda. Cette approche vaut à nos yeux pour les arts.

Depuis septembre 2019, PRIST a développé de nombreuses activités qui ont débuté par la visite de deux laboratoires. L’un, l’IRCICA portant sur les objets connectés et l’interaction tactile et gestuelle, l’autre l’UGSF, portant sur la biologie et en particulier sur le végétal. Deux domaines de recherche a priori distincts l’un de l’autre qui se complètent en cela qu’ils traitent à leur manière des existences non humaines. Des workshops et des conférences réalisés par des artistes ou des philosophes ont aussi émaillé le programme, contribuant à nourrir la recherche des étudiants. Enfin, cette recherche fut complétée par le module de co-création Arts et Sciences mené avec vingt huit étudiants, dont quatorze de Master de Polytech’Lille, module qui a permis à autant d’étudiants de PRIST de faire coévoluer leur recherche plastique dans la perspective de l’exposition.

La thématique

Dans la continuité de Air fictions, Co-existence.s s’inscrit dans la pensée non-anthropocentrée, celle qui vise à établir une approche critique de l’humain dominant la nature et maîtrisant l’évolution de ses technologies. Il paraît urgent de s’interroger sur les modes de transformation de notre rapport aux existences autres que humaines, dont on dit qu’elles peuvent être dotées d’intelligence, végétale, animale ou artificielle. Si le terme existence est en usage pour qualifier le vivant, on pourrait s’étonner de son emploi pour décrire des objets technologiques comme la robotique ou l’intelligence artificielle. Nous pensons, à la suite de Timothy Morton, qu’il s’agit d’entités dotées d’existence propre qui agissent sur le système Terre, tout en étant décorrélés du sujet. Cet aspect de la question est traitée par la création de certains étudiants de PRIST qui font usage de technologies interactives ou de dialogues forgés par des réseaux de neurones co-évolutifs, nous forçant à repenser la séparation entre le Carbone et le Silicium pour reprendre les mots de Deleuze. 

@ Amélia Belhadj

Pour convoquer le vivant et nommer ces existences plurielles non-humaines, nous aurions aussi pu parler de ces “êtres autres qui comptent”, comme les nomme Dora Haraway, qui dans son Manifeste des espèces compagnes invite le lecteur à réfléchir au monde comme “un noeud en mouvement” dépassant la séparation des catégories arbitraires de nature et de culture. L’infinie diversité du monde vivant, sa richesse et son intelligence, aurait dû nous empêcher de la réduire à un simple mot, celui de Nature contre lequel le projet humain s’est édifié, en exploitant ses ressources, sans percevoir qu’il en faisait partie. Cette diversité aurait dû aussi nous faire passer le goût “des grands récits et des épopées viriles” au pouvoir ravageur qui peuple nos imaginaires. “Une croissance exponentielle dans un monde de taille fini n’est pas possible bien longtemps”, écrivait Aurélien Barrau. Plusieurs projets plastiques présentés à cette exposition prennent la mesure de cette alerte, amplifiant son caractère urgent par des installations qui donnent à voir les limites de la société de croissance. 

Dépasser les enfermements

Comment dépasser nos enfermements ? Une des réponses ne serait-elle pas, dans un premier temps, de prendre conscience des organismes qui peuplent ce monde dont l’humain n’est qu’un représentant, cela dans l’objectif de parvenir à transformer les interactions possibles, en réfléchissant aux liens fragiles de co-constitution “dans lesquels aucun des partenaires ne préexiste à sa mise en relation.” Cet aspect, consistant à prendre conscience des existences autres que humaines, est saisi par plusieurs travaux de cette exposition, qui mettent en évidence, par le prisme du végétal ou du phytoplancton, certaines caractéristiques rarement montrées de ces organismes, dans la perspective de faire advenir de nouveaux liens avec l’humain. 

Pour conclure cette introduction au programme de recherche PRIST, ajoutons que nous avons hésité à prendre pour titre le mot “coévolution”. Mais celui-ci, à la lumière des informations relatives à la croissance des industries pétrolières – pour n’en citer qu’une -, et aux conflits politiques et sociaux qui rythment notre actualité, nous a semblé bien peu refléter la situation dans laquelle nous évoluons. Co-existence.s, hélas, s’harmonise davantage à nos modes d’approche des existences non humaines avec lesquelles il est urgent de construire d’autres liens. 

Les quelques pages qui suivent retracent les diverses activités du programme qui sont autant de manières de penser à nouveaux frais les multiples régimes de coexistence avec les êtres et les entités qui comptent.

Présentation du programme de recherche PRIST – FOOR Université de Lille, Lilliad

Présentations du programme de recherche PRIST 29 novembre 2019

Voir la conférence filmée ici : (commence à 6:30)

https://webtv.univ-lille.fr/video/10704/

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Télécharger le lien de la présentation ici :

http://prist-esanpdc.fr/wp-content/uploads/2020/02/Foor-29-novembre-Stefanov.pdf

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Table ronde, FOOR, Université de Lille, Lilliad
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Daniela Lorini, Maxime Pauwels, Conférence, Université de Lille, 2/12/19

Module Co-création art & science – Polytech’Lille / ÉSÄ

Présentation

Les collaborations entre artistes et ingénieurs tendent aujourd’hui à s’accélérer. Ce module permet d’en faire l’expérience, en faisant travailler les étudiants ingénieurs de Polytech’Lille avec les étudiants artistes de L’école supérieure d’art du Nord-pas-de-Calais (ÉSÄ). 

Objectif

Il s’agit de mettre en oeuvre des binômes entre étudiants ingénieurs et étudiants en art dans l’objectif de développer, tant sur le plan conceptuel que technique, une partie importante du projet artistique élaboré dans le cadre de PRIST. Il convient également de penser à nouveaux frais la production artistique, lorsque celle-ci s’élabore de manière collaborative, entrainant en cela un déplacement des questionnements propre à chaque discipline et une redéfinition de la notion d’auteur. Comment l’imaginaire et le savoir scientifique entre-t-il en collision avec les pensées et conceptions artistiques ? Rappelons ici que les projets des étudiants en art sont présentés en mars 2020 à la Galerie Commune (Du 12 au 25 mars, vernissage le 12 mars à 18h). http://galeriecommune.com/

Mise en oeuvre
Le 19 décembre 2019, une première rencontre entre étudiants ingénieurs et étudiants en art s’est tenue à Polytech’Lille.

Vendredi 10 janvier (9h00- 18h15) – à ÉSÄ
Matin : Présentation du Module et du programme Prist + présentation des projet et formation des binômes. Après midi : Réalisation d’un projet en binôme, conçu pour mettre ingénieurs et artistes à égalité face à la question posée. En présence de l’artiste Yosra Mojtahedi. http://www.yosramojtahedi.com/

Atelier avec Yosra Mojtahedi
Collaboration à partir de l’atelier « illusions »
Visite de la Galerie Commune où se tiendra l’exposition

Mardi 14 janvier
Début de la production du projet – Les binômes travaillent au Fabricarium de Polytech .http://fabricarium.polytech-lille.fr/

Julie Everaert et Anaïs Nehr

Mercredi 15 janvier
Matin production -Les binômes travaillent de préférence à Polytech . Après-midi : Poursuite au Fabricarium. http://fabricarium.polytech-lille.fr/

Bin Ruslan Mohd Suffian et Yunyi Zhu


Jeudi 16 janvier
Matin production – Les binômes travaillent à Polytech . Après-midi : Poursuite au Fabricarium.

Alexandre Riés, Anaïs Nehr et Flavien Degroisse


Vendredi 17 après-midi : Bilan du Module par les enseignants de Polytech et de l’ÉSÄ.

Référents : Christophe Chaillou, Nathalie Stefanov, Stéphane Cabée, Marie Lelouche

Emmanuel Grimaud

Lundi 2 décembre à 12h – amphithéâtre du pôle Arts plastiques – Tourcoing

Conférence autour de Ganesh Yourself, le film qu’Emmanuel Grimaud a réalisé avec l’artiste Zaven Paré autour d’un robot du dieu Ganesh conçu pour permettre à n’importe qui de se mettre à la place de Dieu et d’avoir une conversation.

Cette projection servira de base pour aborder les questions d’écologie des non humains, transhumanisme, intelligence artificielle, etc.

Emmanuel Grimaud : chargé de recherche, habilité à diriger des recherchesMédaille de bronze CNRS, 2011  Prix de l’Académie des Sciences Morales et Politiques, 2004. Les recherches d’E. Grimaud portent sur les frontières de l’humain, de la communication, de la perception, de la technique, de la mesure.Ethnologue indianiste de formation, E. Grimaud a par la suite élargi ses terrains d’enquête aux studios de cinéma où il a travaillé comme assistant de réalisation (Bollywood Film Studio, 2003), puis à une exploration de l’animatronique psychédélique des divinités hindoues (Dieux et robots, 2008), mais aussi à des enquêtes troublantes comme une biographie d’un sosie de Gandhi (Le sosie de Gandhi ou l’incroyable histoire de Ram Dayal Srivastava, 2007), une série d’expériences décalées avec Zaven Paré autour d’un humanoïde japonais (Le jour où les robots mangeront des pommes, 2011) ou encore une étude des techniques d’un astrologue indien capable de dessiner le visage des gens sans les avoir vus à partir de leur horoscope (L’étrange encyclopédie du docteur K, 2014). 

Il a coordonné de nombreux volumes collectifs, notamment Effets Spéciaux (2006), Virtuosité ou les sublimes aventures de la technique (2011), Robots étrangement humains (2012), Jouir ? (2017), Low tech / Wild tech (2017), Estrangemental (2019). Il a été commissaire de l’exposition Robo-Garage (Centre d’art contemporain d’Enghien Les Bains, 2007) et de l’exposition Persona, étrangement humain (Musée du Quai Branly, 2016).

Ganesh Yourself, 70′, Rouge International, 2016

Dominique Petitgand

Workshop et conférence. 2 et 3 décembre. Site de Tourcoing.

Conférence.  Mardi 3 décembre. 16H.

Depuis 1992, Dominique Petitgand est de ces artistes sonores qui débroussaillent devant nous. 

Pour décrire son travail, la critique parle de « micro-univers » –  il préfère, lui, évoquer des « paysages mentaux ».

La parole, le lieu de l’enregistrement, l’espace de diffusion et les « arrêts momentanés » du silence sont depuis le départ au cœur de sa réflexion et de sa production. Dans ses installations comme dans ses performances, son travail délicat propose avec subtilité sans rien imposer. C’est à l’auditeur de choisir sa place, à la distance qui lui semble juste. Ce que Dominique Petitgand offre c’est un contexte favorable à l’écoute, à une attention au monde qu’il souhaite « vagabonde, physique, émotionnelle et cérébrale ».

Son travail résonne dans de nombreux lieux d’art à travers le monde. Il a également enregistré des disques et publié plusieurs ouvrages.

Workshop  voix-espace-écoute. Lundi 2-mardi 3 décembre, site de Tourcoing.

Deux jours de rencontre autour du travail de Petitgand et des productions sonores des élèves. Les échanges seront simultanément enregistrés, montés et mixés à la façon d’un reportage radio – consultable sur les différents sites de l’école.

Computer Art et chaînes de Markov

Workshop mené par l’artiste enseignant Gaëtan Robillard et par Thierry Mbaye, en partenariat avec La parcelle collective, Fablab de la Condition publique et l’Espace croisé centre d’art contemporain.

Les 9, 10 et 17 décembre 2019

 » Dans l’ère qui succède à la révolution algorithmique, la possibilité de programmer des machines à « état esthétique » renouvelle un ensemble de questions posées dès les années soixante et soixante-dix par les artistes pionniers du Computer Art. Que retenir de cette période ? Comment travailler avec les algorithmes dans un espace de pratique artistique ? Quel rapport établir alors avec un monde désormais constitué de processus statistiques et de calculs informatiques ? Comment adresse-t-on les images que produisent les machines ? Avec quel langage ? Qu’est-ce que ce processus de travail engendre dans la forme ?


À partir d’algorithmes, de l’environnement Processing et Paperwork/P5.js, nous travaillerons sur des processus algorithmiques qui génèrent images et textes. Dans cet espace, la règle est de travailler le caractère variable de processus calculatoires capables de générer des suites de signes pouvant éventuellement faire sens : des chaînes de Markov. C’est en travaillant la fréquence des signes selon des méthodes probabilistes que nous pourrons alors questionner une nouvelle forme de pratique.


Le but de ce workshop sera de produire un objet éditorial d’environ milles pages. « 

http://transat.stephanecabee.net/workshop-art-code-12-2019/