Présentation du programme 2023-24

Poursuivant son questionnement sur les relations entre les arts, les sciences et les technologies, le programme de recherche Prist s’emploie, dans cette nouvelle édition, à examiner les mondes vivants non humains, d’une part (ARC Prist Mondes vivants), et les univers spécifiques des documents, archives et mémoires, d’autre part (Séminaire saPRISTi). Ces deux réalités, évoluant en parallèle à la nôtre, tout en étant intriquées à nos devenir, exigent une exploration approfondie. 

Comme chaque année, le programme regroupe une quinzaine d’étudiant·es du second cycle et de troisième année. En janvier, il s’enrichit de la collaboration de Polytech’Lille où, sous la forme de binômes, les étudiants en art co-produisent leur pièce avec les étudiants ingénieurs.

Le résultat des recherches plastiques est présenté sour la forme d’une exposition du 4, avril au 11 avril à la Galerie Commune, Esä, Tourcoing.

Vernissage le jeudi 4 avril, 18h00, Galerie Commune, Esä, Tourcoing.

Thématiques

L’ARC Prist Mondes vivants s’emploie à questionner les relations complexes que les arts entretiennent avec les sociétés productivistes, bercées par le mythe de la croissance. Pour cela, il est apparu judicieux de poser les mondes vivants non humains au cœur de la réflexion, en incitant les jeunes artistes à reconsidérer les modes de perceptions et d’existences autres qu’humaines. Ce projet engage également à prendre conscience de l’impact sur les écosystèmes des matériaux artistiques, d’en interroger les mécanismes d’extraction souvent nécessaire à leur existence.

En réfléchissant aux écosystèmes et en travaillant sur l’empathie envers les végétaux et les autres qu’humains, ce projet entend inventer des formes et des problématiques artistiques qui interrogent de manière critique les contextes urbains et artificiels dans lesquels les acteurs et les actrices de l’art, dans leur majorité, se situent actuellement. Dans une perspective historique, comment peuvent-ils·elles  s’émanciper de l’héritage des mouvements avant-gardistes artistiques dont certains se sont si promptement ajustés aux imaginaires liés aux technologies et aux idéologies du Progrès ? Comment orienter la recherche et la sensibilité artistique vers les mondes non humains dont les les sociétés humaines dépendent, ne fusse que pour respirer.

Le séminaire de recherche-création saPRISTi! se centre autour du basculement — des enjeux mémoriels initiaux vers la spéculation ou la formulation d’hypothèses contrefactuelles — qu’entraînent parfois les formes engendrées par l’utilisation des outils numériques (scanner 3D, photogrammétrie, LIDAR, etc.) permettant l’enregistrement et la modélisation en trois dimensions des cultures matérielles.

En interrogeant conjointement les outils en usage pour numériser, modéliser, imprimer ou simuler, et le rapport de l’archéologie et de l’histoire à la fiction, nous soulevons un faisceau de questions redoutables ! Qu’est-ce qu’un fait, et que peut-il bien être pour un artiste ? Qu’est-ce qu’un factoïde ? Un contrefait ? Comment les distinguer des fakes ? Qu’est qui explique les séductions du faux en archéologie ? etc. Nous présentons ici les premières étapes vers la réalisation d’un projet que nous menons dans ce cadre en partenariat avec le groupe Vallourec.