EXPOSITION WILD WEIRD CUTE

Exposition du 26 au 30 janvier, à la galerie Commune.

DARIA KARPOVA

Daria Karpova, Yaourt High-Tech, performance, 2026

Daria Karpova, Early 20’s 😉, carton, argile, électronique, 140 x 74 cm, 2026

Early 20’s 😉 évoque la désillusion face à la vie : les ambitions de jeunesse confrontées à la guerre, aux violences, à l’absurdité de l’existence et à la dépression. Le point de départ est un collage de photographies d’une jeune fille qu’elle a jetées, se jugeant ridicule. La boule de papier lancée devient la métaphore de son expérience : elle se voit comme un déchet. L’installation invite le public à pénétrer son intimité, entre ce qu’elle voudrait cacher et ce qui demeure pourtant une part d’elle.

YEFSAH LINA

 IZAR : la guerre des roses , jeu vidéo 3D, 2026

 IZAR : la guerre des roses , jeu vidéo 3D, installation, 2026

IZAR : la guerre des roses est un jeu narratif en quatre temporalités qui explore les mécanismes systémiques menant à la guerre. Le joueur découvre d’abord un futur marqué par les séquelles d’un conflit, avant de remonter vers ses prémices politiques et sociales, puis vers son déploiement armé. Inspiré de débats contemporains et de conflits réels, le jeu met en tension responsabilité individuelle et violences structurelles. À travers un système de choix, il interroge les dynamiques de pouvoir, les logiques d’escalade, la fabrication du consentement et la transmission intergénérationnelle des traumatismes. IZAR questionne ainsi la capacité d’action de l’individu face aux déterminismes politiques et aux héritages collectifs.

NAOMI VERPRAET

Verpraet Naomi, Marée Michel, canne à pêche, éléments marins, hameçons, 200×90 cm, 2026

Marée Michel est une sculpture en mouvement composée d’éléments métalliques et naturels récoltés sur la plage. Une canne à pêche mise en rotation par un système mécanique soulève et dépose l’amas de coquillages et de déchets au sol.

Ce mouvement fait écho à la force mise en œuvre au détriment du vivant dans le contexte de la pêche industrielle.

NICOLAS MARKOVIC

La Terre attend, gravure sur bois contreplaqué, 300 x 100 cm, 2026

La Terre attend se compose de trois plaques de contreplaqué prenant l’apparence de stèles sur lesquelles est gravé un poème. Ces épitaphes agissent comme des formules afin que nos corps retournent à la terre. Le contreplaqué, bois transformé et standardisé, m’a évoqué nos corps, eux aussi subissant le cycle infernal de la production. Ce matériau pauvre est ici anobli, il mime le mobilier funéraire qui, paradoxalement, soustrait nos corps à la terre et fixe le souvenir.

Ces plaques sont destinées à être enterrées, elles nourriront le sol, comme une compensation, une substitution temporaire de mon propre corps.

NATHAN LIEBART & ELIES EL FERROUN

Nathan Liebaert & Eliès El Ferroun, Plaques commémoratives (Dialogue entre un narcoleptique et un insomniaque), tôles d’acier, transducteur, son, dimensions variables, 2026

Deux tôles d’acier perforées, arrachées au village fantôme de Doel. L’enjeu du projet est de traiter la mémoire comme une énergie. En activant ces matériaux par la résonance les deux modules évoluent de manière asynchrone dans l’espace, chacun à sa propre fréquence, produisant un langage non-humain, celui de l’acier rouillé qui revendique, après des années d’immobilité, sa présence physique et sonore.

ELIES EL FERROUN

Eliès El Ferroun, Sans titre (Apoapsis), lit, poulie, corde, dimensions variables, 2026.

Un lit suspendu en hauteur par une corde et un système de poulie flotte dans l’espace d’exposition. Pendant une longue durée, je tiens la corde : mon corps résiste, s’épuise, vit le temps autrement que l’horloge ne le fait. Face à cette scène, le spectateur traverse lui aussi la durée, mais à sa façon, selon son attention, sa patience, sa place. Ce que l’installation cherche à révéler, c’est l’expérience subjective du temps : il ne passe pas de la même manière pour celui qui porte un lit et pour celui qui porte un regard.

MAYA DENUDT

Maya Denudt, IN, faux pigeon, perchoir, esp32 CAM avec PIR Sensor, 150 x 30 x 30, 2026

Birds aren’t real. Ils l’étaient avant jusqu’à ce que le gouvernement états-unien tue tous les oiseaux et les remplaces par des drônes de surveillance. 

IN est une caméra-pigeon cachée derrière un rideau et gardée par un homme à tête de pigeon. Dès que le·a spectateur·ice entre dans la pièce, iel se retrouve devant un fond vert, filmé·e par l’oiseau. Son image sera ensuite utilisée dans la seconde partie du projet IN, un court-métrage questionnant la surveillance de masse et nos identités numériques.

ADELE DESCAMPS

Adèle Descamps, Oublie <3, Installation, Série de cartes de prière à collectionner, papier découpé, dimensions variables (environ 11 x 7 cm), 2026

Oublie <3 est un ensemble de cartes de prière destinées à nos icônes, stars de la télé-réalité française, Manon Tanti, Jessica Thivenin, Milla Jasmine… Tantôt Sainte en extase, tantôt Sainte en lamentation ou vierge à l’enfant. Les prières inscrites sur les cartes leur sont destinées. Ces commentaires ont été laissés sur les réseaux sociaux par des utilisateurs sous les photographies des personnalités : elles sont support à la prière, au recueillement.

JADE SEGOND

Jade Segond, Prima facie, sculpture métallique et programmation lumineuse, dimensions variables, 2025

Prima facie emprunte les codes de la photographie anthropométrique. Une silhouette féminine de métal se dresse, immobile, face au regard. Derrière elle apparaissent des fragments de récits inspirés de la pièce de théâtre Prima Facie de Suzie Miller. L’installation interroge l’injustice pénale subie par les victimes d’agressions sexuelles, dont la parole, fragilisée par ses failles et contradictions, peut être retournée jusqu’à faire glisser la victime vers la position de suspecte.

PAULINE DEWITTE

Pauline Dewitte, Plastic Ecosystem, vidéos, plexiglas, écrans, bois, mousse, 200 cm de haut, 2026

Plastic Ecosystem tente de reproduire un écosystème à la limite de l’artificiel et du naturel. Les pyramides holographiques en Plexiglas revisitent la forme de l’aquarium. Les hologrammes y sont projetés à partir d’une vidéo de mon aquarium, modifiée de sorte qu’on ne perçoive plus que les mouvements de l’eau et des êtres vivants. Le tout est posé sur un socle organique fait à partir de bois mort, naturellement enveloppé de branches de lierre et de mousse qui prolifèrent.

HUANG SHUQI

Huang Shuqi, Le Masque aux Super-Pouvoirs, installation interactive avec vidéo et dispositif sonore, textile et structure sculpturale, dimensions variables, 2026

Le masque agit comme un filtre entre le spectateur et sa propre voix. En parlant à travers lui, la parole est transformée en cris d’animaux, perdant sa fonction de communication. Cette transformation ne repose pas sur le sens des mots, mais sur leur intensité et leur durée. Ce qui est exprimé n’est plus un discours, mais une énergie. L’installation met en tension langage et perte de contrôle. Elle fait émerger une forme d’expression qui échappe à la norme, où la voix humaine bascule vers une dimension instinctive.

Semaine du 26 au 30 janvier

À l’Esä

Une journée complète pour présenter les projets art aux étudiant-es ingénieur-es, pour briser la glace autour d’un mini workshop avant présenter les ateliers de l’Esä aux acteurs de Polytech’Lille.

Suivre ce lien pour le détails des projets : https://wiki-se.plil.fr/mediawiki/index.php/Arts_et_sciences_2025/2026

Nombre de participants : 24 étudiant-es de l’Esä + 16 étudiant-es de Polytech’Lille

HALABI NADIM


MARY COSTAUD

Au Fabricarium

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Etudiant-es de l’EsäEtudiant-es de Polytech’Lille
Louison PavieJules Cateaux
Valentin LuceAhmed bergadi
Beluna LarionovLéa Hanotel – Fabien Jonckeere
Madeleine GobeautAdrien Dautricourt
Pauline ArandaLéa Hanotel – Lina Hamdi
Maya DenudtNithesh Sivalinganathan
Emilie BeveLéa Hanotel – Margaux Daguillanes
Axelle DussartMargaux Daguillanes
Elies El Ferroun-PanierAdrien Dautricourt
Sandro Demay
Yohan ParatianThomas Volkamer – Louis Delahaye
Naomi VerpraetLéa Hanotel – Xilong ZHANG
Nicolas MarkovicLouis Delahaye
Pauline DewitteQuentin Berthod
Woohyeok CHOIChaymae RHANIM
Rouge CendreKaoutar El Bachiri – Chaymae Rhanim
Alana GIBSONAnthony MOREAU
Shuqi HUANGXilong ZHANG
Segond JadeBenjamin Klein
Mary CosteauxLina Hamdi
Lamis MadaciLina Hamdi
Adèle DescampsAugustin Bernard

Première exposition à Polytech’Lille du Module de co-création

Jeudi 6 novembre 2025 à 19h > Vernissage de la première exposition du Module Arts et Sciences, à Polytech’Lille sur le campus Cité Scientifique de Villeneuve d’Ascq.

Projets issus des binômes ingénieur·es × artistes.

Rouge Cendre x Tilila Ahttour et Clovis Charrier Yohan Paratian x Zineb Badda et Nour Debsi Beluna Larionov x Nour Debsi Adèle Descamps x Bossard Maxence Mary Costeaux x Thomas Lefranc Nicolas Markovic x Chloé Nicole Maya Denudt x Chhay I Kaing, Tilila Ahttour Eliott Lasseron x Matéo Roca

Vue partielle du montage de l’exposition, 4 novembre, Module de Co-création
Arts et Sciences, Polytech’Lille, Esä, Hall de Polytech’Lille

➤ Les infos en + :

Cette inauguration sera précédée d’un Poly’JAM spécial ARTS : l’après-midi du 6 novembre sera en effet dédié à la découverte de pratiques artistiques sous la forme d’ateliers, pour tous les étudiants et personnels de l’école

Polytech Lille avait à cœur de mettre en lumière de manière pérenne les différentes collaborations entre artistes et scientifiques. C’est la raison pour laquelle elle a créé ce dispositif d’accueil d’œuvres au centre du hall de l’école, en face de son Fablab, lieu emblématique de ces co-créations depuis son ouverture.

Module animé par Nathalie Stefanov, Hugo Dinër, Alexandre Boé, Fabien Jonckheere et Thomas Vantroys avec l’aide d’Emmanuelle Pageau et Margaux Delbarre.

© Rouge CENDRE (Esä) , Tilila AHTTOUR (Polytech) Caecosphaeroma,
robotique organique, impression 3D, arduino, textile, plexiglas, led, 60 x 60 x 60 cm

VISITE LABORATOIRES

23/10/2025

Département de biologie de l’Université de Lille, Campus scientifique

Accueil par Mathieu Martin, Toxicologie de l’environnement, spécialiste de la biologie des organisme et des envorinnements

Viste des salles contenant des collections, dont certaines remontent à 1850

Visite du laboratoire UGSF

Accueilli-es par Corentin Spriet, Ingénieur CNRS

UGSF https://ugsf.univ-lille.fr/ 
Unité de Glycobiologie Structurale et Fonctionnelle

Découverte des manières de créer du bioplastique avec de l’amidon

Module de co-création Arts et Sciences, Polytech’Lille – Esä

Jeudi 6 novembre 2025 à 19h > Vernissage de la première exposition du Module Arts et Sciences, à Polytech’Lille sur le campus Cité Scientifique de Villeneuve d’Ascq.

Projets issus des binômes ingénieur·es × artistes.

Rouge Cendre x Tilila Ahttour et Clovis Charrier Yohan Paratian x Zineb Badda et Nour Debsi Beluna Larionov x Nour Debsi Adèle Descamps x Bossard Maxence Mary Costeaux x Thomas Lefranc Nicolas Markovic x Chloé Nicole Maya Denudt x Chhay I Kaing, Tilila Ahttour Eliott Lasseron x Matéo Roca

Vue partielle du montage de l’exposition, 4 novembre, Module de Co-création
Arts et Sciences, Polytech’Lille, Esä, Hall de Polytech’Lille

➤ Les infos en + :

Cette inauguration sera précédée d’un Poly’JAM spécial ARTS : l’après-midi du 6 novembre sera en effet dédié à la découverte de pratiques artistiques sous la forme d’ateliers, pour tous les étudiants et personnels de l’école

Polytech Lille avait à cœur de mettre en lumière de manière pérenne les différentes collaborations entre artistes et scientifiques. C’est la raison pour laquelle elle a créé ce dispositif d’accueil d’œuvres au centre du hall de l’école, en face de son Fablab, lieu emblématique de ces co-créations depuis son ouverture.

Module animé par Nathalie Stefanov, Hugo Dinër, Alexandre Boé, Fabien Jonckheere et Thomas Vantroys avec l’aide d’Emmanuelle Pageau et Margaux Delbarre.

© Rouge CENDRE (Esä) , Tilila AHTTOUR (Polytech) Caecosphaeroma,
robotique organique, impression 3D, arduino, textile, plexiglas, led, 60 x 60 x 60 cm



Les Mondes sauvages ou la persistance du merveilleux

Wild, Weird and Cute

La thématique des « Mondes sauvages » propose d’interroger les représentations, pratiques et imaginaires liés à ce qui est pensé comme extérieur à l’humain, au domestique ou au civilisé. Issu du latin silvaticus (« de la forêt »), le terme « sauvage » renvoie à ce qui échappe au contrôle humain et soulève de manière critique la manière dont l’art et la culture occidentale ont construit cette opposition.

Cette thématique invite à explorer les relations entre humains, milieux et autres vivants, mais aussi les technologies, en dépassant les dualismes hérités : nature/culture, sauvage/domestique, humain/non-humain. Il s’agit d’analyser comment les récits, images et dispositifs artistiques ont contribué à naturaliser certaines formes de domination (patriarcale, coloniale, anthropocentrée)  et d’imaginer d’autres manières de représenter et de partager le monde.

Dans cette perspective, le travail artistique n’est pas seulement une production isolée, mais une enquête critique sur les conditions historiques, politiques et écologiques qui façonnent nos manières de voir et de créer. De la critique du Wilderness Act aux réflexions contemporaines sur la « nature férale », en passant par la pensée sauvage de Lévi-Strauss ou les analyses de Donna Haraway ou de Catherine Larrère, cette recherche ouvre un espace de confrontation entre savoirs et pratiques. Il s’agira de considérer ce qui, sur nos territoires urbains, dans les interstices et les corps disciplinés, relève du sauvage, considéré non comme une altérité menaçante mais comme un allié, une multitude d’espèces compagnes.

Cette thématique incite ainsi à reconsidérer le rôle de l’art : non pas célébrer une nature prétendument vierge ou conquise, mais proposer des formes qui révèlent l’entrelacement des histoires humaines et non-humaines, visibles et invisibles et inventer des récits alternatifs pour habiter un monde commun, par le compost, l’enchevêtrement, le devenir, les tresses et boucles.

Détail d’une affiche pédagogique ancienne, collection du département de biologie, Université de Lille

Thématique de recherche : Soft Play

saPRISTi! est un séminaire de recherche création animée se déploie sur deux années consécutives. 

En 2023-2024, les étudiant·e·s ont été invités sur la base de réflexions autour de l’enregistrement numérique tridimensionnel du monde à développer une forme et un scénario en déployant des imaginaires liés à la synthèse additive de métal. S’appuyant sur un partenariat avec l’entreprise Vallourec, les projets se sont développés autour de forme figée, pensés au travers des strates de la machine comme celle du temps. Nourri par des rencontres avec un archéologue, un topographe ou historienne de l’art ou encore un philosophe de la documentalité, chaque projet a fait mettre des sculptures déployant de premiers scénarios spéculatifs.

En 2024-2025, nous avons cherché à déployer des scénarios plus complexes et multiples en travaillant à des imaginaires organiques. Pour ce faire, nous nous sommes appuyé·e·s sur la création de jeux vidéoludiques, réfléchissant à des modalités de jeux ou d’interactions qui fassent sens. Ainsi, nous avons travaillé à des objets en Input ou en Output d’environnement virtuel sous la forme de robots, tels des objets hybrides à la fois réceptacle et producteur de mouvements. Nous avons développé des jeux vidéoludiques agissants par résonance, par prolongation et qui modifient notre perception trop dichotomique d’un environnement numérique dissocié de l’espace qui l’accueille ou de l’espace tangible auquel il renvoie.

EXPOSITION T-DOG 3000

Galerie Commune, Vernissage : le 13 mars
14 au 21 mars

ROUGE CENDRE

Rouge Cendre, Caecosphaeroma, Robotique organique, impressions 3D, projection photogrammétrie, arduino, textiles, cire, métal, led, casque, dimensions variables

Dans les interstices souterrains se nichent les partenaires de nos sols souillés qui agissent dans l’ombre. Nous sommes en 2333. Appelée par le gouvernement, une scientifique reconstitue une espèce disparue, le caecosphaeroma, nécessaire à la dépollution des eaux. Dans son laboratoire “d’expérisentience”, à partir d’archives de scans et de photogrammétrie, elle crée un modèle robotisé et son environnement sensoriel. Mais l’animal ne se donne jamais à voir. Á qui cherche-t-il à échapper ? Porte-t-il en lui la mémoire de ceux qu’il représente ? 

MARY COSTEAUX

Mary Costeaux, Memeto Crasse, étape 1, impression vue 3D, work in progress, dimensions variables

Memento Crasse explore la transmission et l’empreinte invisible de nos gestes à travers le temps. S’appuyant sur des processus naturels et des métamorphoses chimiques, elle évoque un organisme en perpétuelle évolution. L’installation interroge notre lien à l’héritage, à la mémoire collective et à l’impact humain sur l’environnement.

JORGE DANIEL JUNCO

Jorge Daniel Junco, Mine World, feuilles de roseau sur sphère, capteur infrarouge, vidéo, casque, 60 x 110 cm 

Mine World explore la question de l’empreinte cachée de l’extraction des ressources naturelles et de la mémoire des paysages transformés. Cette installation se compose d’une sphère en roseaux perforés, activée par la présence des visiteurs, et réalisée à partir de matériaux recyclés et organiques, tels que de la colle à base de farine de blé et d’amidon de pomme de terre. Chaque perforation, captée par un piézo, a servi à composer une bande sonore immersive, en écho au temps exact de son extraction et de sa transformation.

NO FLORIN-CONGAR, LUCIE KOODUN

No Florin-Congar et Lucie Koodun, BOB’S WORLD, installation, jeu vidéo, dimensions variables

L’exploration des abysses continue d’avancer et nous ne cessons de découvrir de nouvelles espèces. Pour vous, et à votre entière disposition, nous avons ramené un spécimen exclusif. Probablement le poisson le plus moche du monde, le Psychrolutes Marcidus ! Cette créature informe et ridiculement laide est très spéciale. Lorsqu’on la touche doucement, elle est molle et gélatineuse ; mais dès qu’une pression plus forte est appliquée, elle durcit ! Entre nous, nous avons appelé ce poisson Bob. C’est BOB’S World.

YOHAN PARATIAN

Yohan Paratian, Azur cubique, installation, 26, 3 x 85 cm, dimensions variables

Azur cubique est une installation qui explore la relation entre l’objet, la lumière et le mouvement. Ce cube capte et joue avec l’ombre projetée, créant des effets visuels changeants en fonction de l’angle de vue. L’élément distinctif de cette œuvre réside dans le mécanisme électrique motorisé placé sous l’étagère, qui permet à cette dernière de tourner lentement de façon aléatoire. Ce mouvement rotatif confère au cube une dynamique subtile, modifiant continuellement la perception de sa forme et de ses reflets sur le mur.

ADELE DESCAMPS

Adèle Descamps, Trace, pierre bleue, cire, appareil à raclette, 40 x 40 x 20 cm

Cette installation de bougies votives interroge le lien entre foi et matérialité. Chaque cierge incarne une prière, un espoir, mais leur incomplète combustion souligne un paradoxe : objets sacrés, ils sont pourtant voués à l’abandon. En fondant, la cire témoigne de la tension entre spiritualité et attachement au monde physique. Le spectateur assiste à cette transformation : les flammes disparaissent, ne laissant qu’une empreinte figée sur la pierre. Cette pièce éphémère oscille entre recueillement et perte, questionnant la trace laissée par le rituel et la mémoire des objets sacrés.

BENJAMIN CLAUX

Benjamin Claux, Spatium Fantasma, installation vidéo, métal, lumière, téléviseur cathodique, radio, livre et arduino, dimensions variables

Spatium Fantasma retrace l’expérience d’une tentative de contact avec le fantôme d’un astronaute mort pendant la conquête spatiale. En utilisant une technique développée par l’armée américaine en 1943, qui consiste à envoyer des ondes électromagnétiques sur la Lune pour qu’elles y rebondissent, associée à l’utilisation plus moderne de la radio comme ghost box, l’installation tend à étendre les frontières terrestres du son et à mettre en évidence les fils invisibles qui relient les êtres au cosmos et au temps. 

ELIOTT LASSERON

Lasseron Eliott, REXLINE, carcasse de micro onde, bois, stepper moteur, arduino, driver, dimensions variables
Lasseron Eliott, REXLINE, carcasse de micro onde, bois, stepper moteur, arduino, driver, dimensions variables

REXLINE est une sculpture animée composée d’une carcasse de micro-ondes, montée sur quatre pattes en bois et remuant la queue. De manière humoristique, cette pièce s’inscrit dans un jeu interespèce croisant  les codes des humains, des animaux et des machines. De par son hybridation, ce nouvel individu cherche à démontrer la possibilité d’une cohabitation affective entre les êtres vivants et non vivants.

NICOLAS MARKOVIC

Nicolas Markovic, Morts en communs, gravure sur Plexiglas, 87 x 52,5 cm

Morts en communs donne à voir une illustration réalisée lors de mes balades dans les différents cimetières de la métropole de Lille. Cette illustration est un amalgame mémoriel des éléments composant ces lieux (végétaux, monuments, identités), qui convoque le souvenir des défunts partageant avec nous l’espace urbain. La transparence du plexiglas permet d’ajouter à la composition les spectateurs et l’espace d’exposition, formant ainsi un miroir ou une fenêtre vers l’oubli inévitable. 

Il neige doucement sur tous les vivants comme sur les morts.

SANDRO DEMAY

Demay Sandro, Mute the Silence, installation immersive, impressions 3D, lidar, 200 x 200 cm

Asseyez-vous, mettez votre casque de privation sensorielle et… ne faites rien. Plongé.es dans l’obscurité et le silence, les participant.es partagent un moment où chaque seconde s’accumule sur un chronomètre central. Pas de notifications, pas de musique, juste vous, le temps qui passe. Une expérience entre méditation forcée et test de patience, qui pose une question simple : combien de temps peut-on tenir sans distraction ?

LILO MONTAGNE

Lilo Montagne, Fragments, triptyque plaques de plomb, dimensions variables

Entre esthétique industrielle et organique, Fragments est un triptyque où l’on se retrouve face à une matière toxique mais qui pourtant nous intrigue. C’est un travail autour de la recherche d’un mouvement informe. Les plaques de plomb ont été gravées par pointillisme, ce qui produit ce mouvement informe et révèle un aspect organique. Pour les alchimistes, le plomb est le point de départ du travail spirituel, l’élément à transformer en or.

Thématique de recherche : partenaires non humains

La thématique des « partenaires non humains » invite à une redéfinition des paradigmes classiques de la création artistique en questionnant la place centrale et exclusive de l’humain dans le processus créatif. Cette perspective élargie reconnaît l’implication active d’entités autres qu’humaines – qu’elles soient vivantes (plantes, animaux, micro-organismes) ou non vivantes (algorithmes, machines, matériaux) – en tant que partenaires à part entière dans l’élaboration de l’œuvre. Elle vise à questionner l’exceptionnalisme humain et à repenser les manières dont l’empathie envers les plus qu’humains participe au processus artistique.

Dans cette optique, l’artiste n’est plus envisagé·e comme l’unique auteur·ice ou détenteur·ice de l’intention artistique. Il ou elle devient plutôt un·e médiateur·ice ou co-créateur·ice, travaillant en interaction avec ces entités pour produire des œuvres qui émergent d’un dialogue ou d’un processus partagé. Par exemple, les artistes collaborent avec des organismes vivants, comme des champignons ou des bactéries, des esprits ou des objets techniques et technologiques pour élaborer des créations évolutives.

Cette approche interroge profondément notre rapport au monde en proposant une vision moins anthropocentrée de la création, où l’interdépendance entre humains et non-humains devient une source de production artistique. Elle ouvre également des perspectives critiques sur les enjeux écologiques et technologiques contemporains. À une époque marquée par l’urgence climatique, cette pratique artistique peut être perçue comme une tentative de réconcilier l’humain avec son environnement et de travailler sur la notion d’empathie en valorisant des modes de collaboration qui respectent et intègrent la diversité du vivant et du non-vivant en soulignant leur agentivité.

En redéfinissant les rôles et les relations dans le processus créatif, la thématique des « partenaires non humains » invite à reconsidérer la fonction même de l’art : non plus seulement comme un produit final, mais comme un processus : espace d’expérimentation et de réflexion sur les relations interconnectées qui façonnent notre monde. Cette évolution reflète une sensibilité accrue aux défis et transformations de notre époque, tout en renouvelant les pratiques et les discours artistiques.