Dominique PETITGAND – Voix-espace-écoute

Workshop et conférence. 2 et 3 décembre. Site de Tourcoing.

Conférence.  Mardi 3 décembre. 16H.

Depuis 1992, Dominique Petitgand est de ces artistes sonores qui débroussaillent devant nous. 

Pour décrire son travail, la critique parle de « micro-univers » –  il préfère, lui, évoquer des « paysages mentaux ».

La parole, le lieu de l’enregistrement, l’espace de diffusion et les « arrêts momentanés » du silence sont depuis le départ au cœur de sa réflexion et de sa production. Dans ses installations comme dans ses performances, son travail délicat propose avec subtilité sans rien imposer. C’est à l’auditeur de choisir sa place, à la distance qui lui semble juste. Ce que Dominique Petitgand offre c’est un contexte favorable à l’écoute, à une attention au monde qu’il souhaite « vagabonde, physique, émotionnelle et cérébrale ».

Son travail résonne dans de nombreux lieux d’art à travers le monde. Il a également enregistré des disques et publié plusieurs ouvrages.

Workshop  voix-espace-écoute. Lundi 2-mardi 3 décembre, site de Tourcoing.

Deux jours de rencontre autour du travail de Petitgand et des productions sonores des élèves. Les échanges seront simultanément enregistrés, montés et mixés à la façon d’un reportage radio – consultable sur les différents sites de l’école.

Gaëtan ROBILLARD – Computer Art et chaînes de Markov

Workshop mené par l’artiste enseignant Gaëtan Robillard et par Thierry Mbaye, en partenariat avec La parcelle collective, Fablab de la Condition publique et l’Espace croisé centre d’art contemporain.

Les 9, 10 et 17 décembre 2019

 » Dans l’ère qui succède à la révolution algorithmique, la possibilité de programmer des machines à « état esthétique » renouvelle un ensemble de questions posées dès les années soixante et soixante-dix par les artistes pionniers du Computer Art. Que retenir de cette période ? Comment travailler avec les algorithmes dans un espace de pratique artistique ? Quel rapport établir alors avec un monde désormais constitué de processus statistiques et de calculs informatiques ? Comment adresse-t-on les images que produisent les machines ? Avec quel langage ? Qu’est-ce que ce processus de travail engendre dans la forme ?


À partir d’algorithmes, de l’environnement Processing et Paperwork/P5.js, nous travaillerons sur des processus algorithmiques qui génèrent images et textes. Dans cet espace, la règle est de travailler le caractère variable de processus calculatoires capables de générer des suites de signes pouvant éventuellement faire sens : des chaînes de Markov. C’est en travaillant la fréquence des signes selon des méthodes probabilistes que nous pourrons alors questionner une nouvelle forme de pratique.


Le but de ce workshop sera de produire un objet éditorial d’environ milles pages. « 

http://transat.stephanecabee.net/workshop-art-code-12-2019/

Gwenola WAGON – L’Invasion des lémuriens

L’Invasion des lémuriens

Conférence de Gwenola Wagon, suivie de rencontres avec les étudiants

27 novembre 9h30 – Esä, site de Tourcoing (atelier dessin)

Gwenola Wagon conduit des enquêtes en fouillant Internet et dérive dans l’espace de l’hyper-information. Seule, elle arpente le globe virtuel (Globodrome, Blackpool-Manchester). Ses investigations prennent la forme de films, de livres et d’installations (L’Invasion des lémuriens, Quel effet cela fait-il d’être une luciole ?). Elle convoque les esprits qui hantent les médias (Haunted by algorithms, Media Mediums – en collaboration avec Jeff Guess).  Avec Stéphane Degoutin, elle propose à des chercheurs de vivre dans la forêt, nus mais connectés (World Brain), expérimente des modes de vie alternatifs (Laboratoire de schizophrénie contrôlée). Ensemble, ils collectent les images virales (Mute, Dance Party in Iraq), explorent la mythologie de l’aéroport international (Psychanalyse de l’aéroport international), organisent des burn-out parties (Institut de Néoténie pour la fin du travail), dérivent grâce à des technologies de géolocalisation utilisées à contre-emploi (Moillesulaz 1/1, Random GPS), implantent des utopies dans des zones périphériques (Hypnorama, Vincennes zoo research lab, Utopia Factory Abraxas).


Gwenola Wagon enseigne à l’université Paris 8 (Saint-Denis).
http://nogovoyages.com/

Laboratoire UGSF Biologie Végétale

Le 24 novembre, l’équipe PRIST est partie à la découverte des équipements de l’UGSF : Unité de glycobiologie structurale et fonctionnelle (UMR8576)

http://ugsf-umr-glycobiologie.univ-lille1.fr/

Visite des équipements

Corentin Spriet, Camille Vandromme et Adeline Courseaux ont fait visiter les équipements du laboratoire et fournis les explications relatives aux modèles végétaux sur lesquels ils travaillent. Comment sont conservés les OGM, sur quel type de microscopes les étudie-t-on, quels sont les instruments de mesure pour identifier les molécules, comment conserve-t-on à très basse température les cellules sont les divers points qui furent abordés lors de cette journée.

Conférence sur les OGM par Camille Vandromme

Camille Vandromme (PhD) a de plus effectué une conférence portant sur la notion de co-évolution, fournissant des exemples sur la manière dont « naturellement » des espèces différentes se transforment, telles la girafe et l’acacia, ceci afin de repenser à nouveaux frais nos conceptions des organismes modifiés par l’homme et ceux, en transition, évoluant dans la nature. Une nouvelle approche des rapports Culture / Nature.

Visite de L’IRCICA

Le 10 novembre, l’équipe PRIST est partie à la découverte de l’IRCICA : l’Institut de Recherche sur les composants logiciels et matériels pour l’information et la Communication Avancées (URS 3380).

https://ircica.univ-lille.fr/fr/linstitut

Thomas Vantroys et Alexandre Boe, chercheurs, ont présenté l’Institut ainsi que les projets de recherche qu’ils développent. Il fut question d’Objets connectés, d’Interactions tactiles et gestuelles, de Photonique et de Traitements bio-inspirés de l’information.

Lors de la conférence, et à de nombreuses reprises leurs, les questions des chercheurs ont pu faire écho à celles que se pose la scène artistique contemporaine. Les échanges entre les deux communautés furent nombreux et féconds, ouvrant à de possibles approches transdisciplinaires.

Alexandre Boe, chercheur, explique une manière de visualiser des ondes radios à partir d’un récepteur dont les usages ont été modifiés. La démonstration est en directe.
On écoute Radio Campus…
L’équipe PRIST observe les équipements de l’IRCICA.
Vue du bâtiment photographié par Marie Rosier, étudiante en double diplôme Esä / Université Arts plastiques. Il se joue aussi dans ces rencontres des histoires relatives à la délocalisation des apprentissages artistiques propre à la création contemporaine à l’interface des arts et des sciences.
Cette vue des équipements de l’Ircica – qui montre au premier plan un « vêtement » que Thomas Vantroys a inventé pour une installation de l’artiste SMITH, Cellulairement, (Fresnoy 2012) -, présente aussi le monde numérique dans sa matérialité, fait de câbles, de microscopes, de routeurs et d’appareils tangibles.
Rendre matériel et palpable l’ère numérique qui est la nôtre est aussi une question que se pose aujourd’hui les pratiques artistiques contemporaines.

Co-existenc.e.s

Télécharger le Communiqué de presse

La transition écologique conduit à interroger nos approches anthropocentrées, celles où l’humain domine la nature et maîtrise l’évolution de ses technologies. Comment repenser notre rapport à ces existences autres que humaines, dont on dit parfois qu’elles sont dotées d’intelligence, végétale, animale ou artificielle ? Comment pouvons-nous concevoir différemment ces diverses formes d’existences non-humaines avec lesquelles nous « co-existons » ? Ces questions sont celles que se pose l’équipe de PRIST. Au début de l’année, Prist a entrepris la visite de deux laboratoires. L’un, IRCICA portant sur les objets connectés et l’interaction tactile et gestuelle, l’autre UGSF, portant sur la biologie et en particulier sur le végétal. Des workshops et des conférences réalisées par des artistes ou philosophes ont également contribué à nourrir la recherche des étudiants. A cela s’ajoute le module de co-création Arts et Sciences mené avec Polytech’Lille. Ces recherches, qui conduisent à la réalisation d’installations et de projets plastiques, seront présentées à partir du 12 mars à la Galerie Commune. En mai, paraîtra le catalogue de l’exposition.

@Charlotte Dumont, Rassemblement d’hirondelles de fenêtre à Uzeste, Photographie, 2019

Programmation :

10/10/2019– Visite de laboratoire : Institut IRCICA/ Cristal – Chercheurs : Alexandre Boe et Thomas Vantroys, [objets connectés / questions de cyber sécurité / corps animal et humain connectés]. https://ircica.univ-lille.fr/fr/linstitut
24/10/2019 – Visite de laboratoire : UGSF / TISBio – Corentin Spriet [Biologie végétale, OGM].http://ugsf-umr-glycobiologie.univ-lille1.fr/. Conférence de Camille Vandomme.
Novembre : Emmanuel Grimaud http://lesc-cnrs.fr/fr/cb-profile/193/userprofile
27/11/2019 – Gwenola Wagon, artiste. http://gwenolawagon.com/
28- 29/11/2019 – FOOR https://form.cristal.univ-lille.fr/view.php?id=33512
4-5/12/2019 – Dominique Petitgand, artiste sonore. http://www.sonore-visuel.fr/fr/artiste/dominique-petitgand
9-10/12/2019 – Gaëtan Robillard, artiste. http://mobitool.free.fr/17/12 : Thierry Mbaye (responsable du FabLab de la condition publique). https://laconditionpublique.com/fab-lab-outils-numeriques-service-public/
10-17/01/2020 – Polytech’lille. Module Arts & sciences (Christophe Chaillou et l’artiste Yosra Mojtahedi)
13/03/2020 – Zaven Paré, artiste http://www.zavenpare.com/ Infos ici
12-26/04/2020 – Exposition Galerie Commune http://galeriecommune.com/

Expositions AIR fictions

Exposition à Lilliad – Learning center Innovation – Université de Lille

9 mai 2019

Catalogues Airs Fictions présentés à Lilliad

Téléchargement du catalogue
Teaser de l’exposition


Du 28 février au 15 mars – Galerie Commune – 36, bis rue des Ursulines – Tourcoing

Journée d’étude Carbonification

Dans le cadre de PRIST et de l’atelier « Portrait de l’artiste en… »

Vendredi 5 avril 2019 – 14h30 – 17h30

Halle aux sucres – Learning center Ville durable 
9003 Route du quai Freycinet 3 – 59140 Dunkerque
www.halleauxsucres.fr
Tél. : 03.28.64.60.49

Bernadette Bensaude-Vincent,
Professeur Émérite de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, en épistémologie, histoire des sciences et des techniques. Elle a publié une soixantaine d’articles dans des revues spécialisées françaises ou étrangères sur le positivisme, sur l’histoire de la chimie, les rapports science et public, et fourni une trentaine de contributions à des ouvrages collectifs. Elle a fait paraître récemment aux éditions du Seuil un livre co-signé avec Sacha Loeve intitulé Carbone. Ses vies, ses œuvres.

Hervé Delbarre, 
physicien, Professeur des universités enseignant à l’Université du Littoral Côte-d’Opale et directeur du Laboratoire de Physico-Chimie de l’Atmosphère. Ses travaux de recherche portent en particulier sur la dynamique atmosphérique et la pollution de l’air, en s’appuyant notamment sur la télédétection par la technique lidar.`

Didier Vivien, 
photographe, artiste-théoricien, maître de conférences au département des arts plastiques de l’Université de Lille et auteur de La Vie sur Terre. Une archéologie de la mine, Paris, éd. Loco, 2017. 
Carbonification

La terre est entrée dans une nouvelle ère, marquée par l’empreinte que laisse l’humanité sur l’ensemble de la planète. C’est pourquoi l’on a baptisé ce nouvel âge géologique « anthropocène ». Ce nom ne doit toutefois pas nous faire oublier que ce n’est pas l’humanité en général qui donne à la Terre cette dynamique, mais une certaine manière de vivre, de produire et de s’approprier son milieu de vie en le transformant pour une part toujours croissante en marchandises. Il n’est donc pas absurde de situer les débuts de l’anthropocène aux alentours de 1800, c’est-à-dire au moment où l’Europe connaît une révolution industrielle, avec l’invention de la machine à vapeur et l’exploitation des ressources minières. L’un des marqueurs les plus probables de notre entrée dans l’anthropocène en résulte directement : il s’agit, en effet, de l’augmentation d’un tiers de la concentration atmosphérique en dioxyde de carbone, qui est l’un des grands responsables des transformations climatiques que nous connaissons. Cela faisait trois millions d’années que l’atmosphère terrestre n’avait pas contenu une telle quantité de CO2. Reste que le CO2 n’entre que pour moins de 0,05 % dans la composition de notre atmosphère. Comment une part si infime peut-elle avoir de telles répercussions ? Nous interrogerons alors les conditions de notre vie sur Terre telles que la révolution industrielle les a déterminées, ainsi que l’imaginaire qu’elles ont suscité.

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Crédits : Didier Vivien
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Crédits : Didier Vivien

Hanna Husberg, This new air, the one we talk about a lot

Dans le cadre de PRIST Art & science,
L’Esä invite Hanna Husberg


« This new air, the one we talk about a lot / Ce nouvel air, celui dont on parle beaucoup »

Esä, site de Tourcoing
Salle Culture Générale
Le 5 février 2019
11h30 – 13h

S’appuyant sur Often people ask how birds are affected by the air (2017), une œuvre réalisée par Hanna Husberg suite à une résidence artistique à Pékin, ainsi que sur des recherches entreprises en collaboration avec l’écologiste Agata Marzecova, cette intervention s’organisera autour d’une conférence performée d’une vingtaine de minutes. Elle sera suivie d’une conversation portant sur l’enchevêtrement des rôles de l’art, de la science et de la technologie dans la construction des nouveaux imaginaires aériens.
En raison de son invisibilité, l’air est principalement saisissable grâce à des instruments de mesures scientifiques, ainsi que par le langage. En Chine, l’introduction du nouveau concept «wumai» (smog), l’identification des «PM2,5» (particules fines en suspension dans l’air) et la datafication de l’air
qui lui fit suite, ont affecté les ressentis. Il convient aujourd’hui d’appréhender ce nouvel air comme un air différent, un air augmenté. Au croisement de la philosophie, de la politique, de la science et de l’expérience vécue, la conférence performée « This new air, the one we talk about a lot » joue par spéculation des possibilités offertes par les imaginaires changeants de l’air.


Biographie :
Diplômée de l’ENSBA de Paris en 2007, Hanna Husberg développe actuellement son projet de recherche doctorale ‘Troubled Atmosphere – On noticing air’ à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne. En mettant l’accent sur l’air, ses projets artistiques s’appuient sur nos imaginaires, nos perceptions et notre rapport à l’environnement immédiat et élargi. Par le travail sur des récits d’échanges matériels, sur la question de la perceptibilité et de la représentation visuelle, ainsi que sur l’articulation de réflexions sur la
manière dont les changements climatiques et atmosphériques transforment (in)visiblement les lieux de vie, elle examine ce qui influence nos réalités socio-économiques et territoriales. Hanna Husberg a participé à de nombreuses collaborations interdisciplinaires au travers de plateformes de recherche telles que « Anthropocene Campus au HKW à Berlin, Frontiers in Retreat » à l’HIAP à Helsinki, « The Seed Box « à la LiU en Suède, ou encore le réseau de recherche art et science ‘HYBRID MATTERs’.



Nuit des idées — Arc électrique

De l’électricité dans l’air : observer et comprendre les flashs lumineux au-dessus des orages

Intervention — Philippe Dubuisson

Professeur Laboratoire d’Optique Atmosphérique (UMR 8518) – Département de Physique – Université de Lille

Les phénomènes lumineux dans l’atmosphère ont, de tout temps, effrayé, intrigué et fasciné l’humanité. C’est à partir du XVIII siècle, grâce aux progrès prodigieux réalisés sur l’électricité, que ces phénomènes commencent à être bien compris par les scientifiques. Jusqu’aux années 80, on pensait que les seules manifestations lumineuses des orages étaient les éclairs,  décharges élecriques se produisant entre deux nuages ou entre le sol et un nuage.  Toutefois, des flashs lumineux extrêmement brefs ont été depuis observés à haute altitude, bien  au-dessus des nuages. Les chercheurs commencent à comprendre comment prennent naissance ces évènements lumineux, en particulier au travers de missions satellites qui permettent de les observer depuis l’espace. Après avoir rappelé l’origine des orages, nous verrons au cours de cette conférence quels sont ces évènements transitoires lumineux et comment l’observation spatiale et la modélisation numérique peuvent nous permettre de mieux les comprendre.

L’électricité, c’est la vie ? Images et représentations de l’électricité, des grenouilles de Galvani au compteur Linky

Intervention — Christine Blondel

Communiqué

Dans le cadre de l’événement annuel la Nuit des idées, qui cette année aura lieu le 31 janvier 2019. L’ESÄ propose ARC ÉLECTRIQUE. Le thème de l’événement, cette année, est « Face au présent », un thème qui entrecroise trois séries de questions : question de l’actualité et de la lucidité, question de l’engagement et des formes qu’il peut prendre et pour finir la question de la perception du temps et de ses transformations.

Pour sa troisième édition, elle réunira des intervenants de tous horizons (intellectuels, chercheurs, artistes). Cet événement est donc une invitation à découvrir l’actualité des savoirs, à écouter celles et ceux qui font avancer les idées dans tous les domaines, à échanger sur les grands enjeux de notre temps. L’édition 2018 de la Nuit des idées est organisée en partenariat avec la Fondation de France, intervenant depuis plus de 50 ans dans tous les domaines d’intérêt général. ARC ÉLECTRIQUE Face aux fréquents épisodes orageux estivaux, nous avons tous ressenti un sentiment de peur et d’admiration qui nous accompagne depuis l’aube de l’humanité face à la puissance de la nature. Mais à l’âge de l’anthropocène, nous ne sommes pas seulement spectateurs désormais, mais acteurs également. En effet, les activités humaines ont désormais une incidence jusque sur l’électricité atmosphérique, en raison de la pollution particulaire qu’elles engendrent. Entre peur et euphorie de la maîtrise, l’exploitation industrielle à mille usages banalise la puissance de l’électricité. Parmi toutes les énergies que nous connaissons, l’électricité reste l’une des plus grandes découvertes du XVIIIè siècle. Enchantant les plus grands savants qui ont vu en elle sa puissance, l’électricité permet de réanimer un corps. L’électricité représente la nature du message nerveux, nous sommes électriques. Du mythe de Frankenstein aux installations de Ryoji Ikeda, en passant par le futurisme, le rock and roll ou la sculpture cinétique, comment la création artistique s’est-elle emparé de ces sujets ? Et qu’a-t-elle à dire du fait que l’émerveillement devant les villes qui s’illuminent a laissé place au malaise que nous éprouvons sous la « lumière blanche » du capitalisme 24/7, tel que Jonathan Crary l’a analysé ? ou de ce que l’intensité, dont Tristan Garcia nous montre qu’elle fut pour la modernité la valeur principale et que l’électricité en a fourni l’image la plus éloquente, soit devenue le mot-clef du langage publicitaire ? Entre une exposition et un concert, nous en discuterons notamment avec Philippe Dubuisson, physicien et directeur du Laboratoire d’Optique Atmosphérique, de Christine Blondel, agrégée de sciences physiques, docteur en histoire des sciences, et chargée de recherche au CNRS ayant notamment travaillé sur le galvanisme, et l’équipe pédagogique de l’ESA

Les fréquents épisodes orageux que nous avons traversés l’été dernier ont eu de quoi raviver en nous un sentiment mêlé d’effroi et d’admiration qui nous accompagne depuis l’aube de l’humanité. Il n’est pas certain, toutefois, que nous puissions encore identifier ce sentiment comme étant celui du « sublime » ; car, à l’âge de l’anthropocène, nous sommes les acteurs tout autant que les spectateurs de pareils phénomènes. Il est effectivement avéré que les activités humaines ont désormais une incidence jusque sur l’électricité atmosphérique, en raison de la pollution particulaire qu’elles engendrent.

Face aux fréquents épisodes orageux estivaux, nous avons tous ressenti un sentiment de peur et d’admiration qui nous accompagne depuis l’aube de l’humanité face à la puissance de la nature. Mais à l’âge de l’anthropocène, nous ne sommes pas seulement spectateurs désormais, mais acteurs également. En effet, activités humaines ont désormais une incidence jusque sur l’électricité atmosphérique, en raison de la pollution particulaire qu’elles engendrent.Voilà qui nous incite à tout le mois à revisiter les imaginaires que l’électricité a innervés, lesquels ont oscillé entre la peur de la foudre et l’euphorie de la maîtrise, avant que son exploitation industrielle ne l’affecte à mille usages et, ce faisant, ne la banalise.

Entre peur et euphorie de la maîtrise, l’exploitation industrielle à mille usages banalise la puissance de l’électricité. Parmi toutes les énergies que nous connaissons, l’électricité est la seule qui ait été qualifiée de « fée » ; et, à ce titre, elle enchanta les savants du XVIIIè siècle, qui virent en elle l’âme que la science pouvait mettre dans les objets techniques, voire une âme susceptible de réveiller les morts. Telle fut en effet la grande découverte du XVIIIè siècle et son grand enthousiasme : le message nerveux est de nature électrique ; par conséquent, tous les corps sont parcourus par ce fluide subtil dont est gorgée la nature, et nous-mêmes, nous sommes électriques.

Parmi toutes les énergies que nous connaissons, l’électricité reste l’une des plus grandes découvertes du XVIIIè siècle. Enchantant les plus grands savants qui ont vu en elle sa puissance, l’électricité permet de réanimer un corps. L’électricité représente la nature du message nerveux, nous sommes électriques. Du mythe de Frankenstein aux installations de Ryoji Ikeda, en passant par le futurisme, le rock and roll ou la sculpture cinétique, comment la création artistique s’est-elle emparé de ces sujets ? Et qu’a-t-elle à dire du fait que l’émerveillement devant les villes qui s’illuminent a laissé place au malaise que nous éprouvons sous la « lumière blanche » du capitalisme 24/7, tel que Jonathan Crary l’a analysé ? ou de ce que l’intensité, dont Tristan Garcia nous montre qu’elle fut pour la modernité la valeur principale et que l’électricité en a fourni l’image la plus éloquente, soit devenue le mot-clef du langage publicitaire ? Entre une exposition et un concert, nous en discuterons notamment avec Philippe Dubuisson, physicien et directeur du Laboratoire d’Optique Atmosphérique, de Christine Blondel, agrégée de sciences physiques, docteur en histoire des sciences, et chargée de recherche au CNRS ayant notamment travaillé sur le galvanisme, et l’équipe pédagogique de l’ESA